
Jean-Denis Maillart, petit-fils de Diogène Maillart et fils de Roger Maillart et Suzanne Maillart-Marion ; orphelin de père à 3 ans, a toujours, enfant, dessiné et peint aux cotés de sa mère tout en se projetant futur officier de marine de par son ascendance ; son peu de disposition en maths l’en écarta ; il sera peintre.
Ses Débuts
De 16 à 21 ans
Sa jeunesse fut de batailler pour surmonter leur pauvreté1 et peindre comme il l’entendait. C’était pour lui rester en famille que de se joindre, le lycée fini, aux élèves de l’atelier du peintre Émile Renard, ancien professeur de sa mère, témoin au mariage de ses parents puis chargé de la succession de son grand-père. Il y compléta sa formation2 en préparant son entrée à l’école des Beaux-Arts de Paris, exalté par les études à faire des copies d’antique de la grande Galerie mais avec la particularité pour lui d’obtenir de la Haute-Couture parisienne l’intérêt sur les idées et dessins de mode conçus de son imagination (robes ou chapeaux, accessoires) qu’il leur présentait depuis l’âge de 16 ans ; mesurant déjà 1,83 m il vendait, profitant du legs de ses parents qui avaient passé leurs veilles à dessiner pour revues et catalogues.
Tendance pour le grand portrait
Naturel aussi pour le jeune Maillart de 21 ans, mu par l’assiduité de sa mère largement reconnue au Salon des artistes français3, d’y présenter librement une première toile, autoportrait au Salon de 19344. Inscrit à l’automne aux Beaux-Arts dans l’atelier Devambez, puis celui de Ducos de la Haille en même temps que Fontanarosa et Bezombes, c’est auprès d’Othon Friez que Maillart se dirigea et reçut le conseil d’envoyer son premier portrait au prochain Salon5. La toile fut achetée, primée avec entrefilet dans la Presse, évoquant « une vision romantique de Maillart » dans Le Coin des Arts, avril 1935.
A l’automne suivant, c’était au Service militaire à Dijon6 que le soldat de 1ère classe Jean Maillart, ayant emporté sa boite de peinture, occupa ses rares loisirs à peindre. Le portrait de son capitaine et celui, commandé, d’un culturiste enchantaient les compagnons mais, beaucoup plus sérieux et invisible, celui en pied qu’il entreprit à l’évêché de cette ville de Pierre Petit de Julleville7 en se privant même de permissions pour le mener à bien. A l’école des Beaux-arts de Dijon, des cours du soir d’Histoire et l’art et d’anatomie l’intéressaient malgré le cout et la lenteur des trajets en tramway.
Extraits de lettres à sa mère, de la caserne
- Pensant à son avenir, il écrit : Mon plus grand désir est de travailler
- Son temps libre : courrier et peinture
- Tu fais bien d’aller voir des toiles de maître car on y prend des idées merveilleuses
- Fais ma demande de sociétaire aux Artistes français
- Au sujet du portrait de l’évêque : Je dois me débrouiller tout seul, Monseigneur n’a pas une minute pour poser. J’ai bien présent ce que je voudrais faire. Tant de difficultés sont grandes, cette couleur insaisissable. Un tube de géranium va me couter 10 francs, je ne peux m’en passer pour cette robe si éclatante.
- Ce n’est pas le feu intérieur qui me manque.
A son retour dans la vie civile
L’année 1937, marié en avril à Paris, admis aux Artistes Français il expose au 5ème Salon du Portrait contemporain de la Galerie de Paris8. Un mois plus tard, au 3e Salon d’Automne le portrait de Madame Denisarne ; remarqués par la Presse9.
- « Je suis décidé à me débrouiller pour en finir avec cette pauvreté » [Lettre à sa mère. Juillet 1936] ↩︎
- Une camarade y fit son portrait en 1933 ↩︎
- Le Journal, 29 avril 1935, p.6 ↩︎
- N° 1606. Grand Palais, Paris ↩︎
- N° 1513. Grand Palais, Paris. Mlle Henriette Duclos, fille d’amis de sa mère, avait accepté de poser pour lui dans la robe de mariée de Mme Diogène Maillart. ↩︎
- Base aérienne 102 à Longvic les Dijon. ↩︎
- Jean, élève de 8 à 13 ans au Collège Sainte-Croix où sa mère était professeur de dessin. ↩︎
- le portrait de Mlle Monique de Massacré, fille et petite-fille de colonel d’artillerie ↩︎
- P.M. Le Courrier Graphique, décembre 1937 – René Busy, Action Française, 20 novembre 1937. ↩︎